Les déchets humains
J'ai jonglé un certain temps avec l'idée d'aborder l'expression "déchet humain" sous un angle purement métaphorique, puis j'ai changé d'avis, le sujet m'apparaissant trop délicat à aborder. Le mot même de "déchet" éveille en nous des images de déchéance et de laisser-aller sur lesquels il vaut mieux ne pas s'attarder. Déjà que l'on doive se farcir les indigents qui se dressent sur notre route, sans devoir, en plus, relater leurs "faits-d'armes".
À bien y penser, et ce malgré le soleil de plomb qui... ah, puis fuck, je rentre en dedans, fait trop chaud... je vais quand même faire une incursion dans ce monde insolite et déjanté, le temps de vous raconter une bien triste histoire. Âmes sensibles s'abstenir.
Alors qu'il était de service comme gardien de sécurité dans un grand hôpital montréalais, un homme fut témoin d'une scène pour le moins surréaliste, dont il s'empressa de me livrer le compte rendu dans ses moindres détails. On y avait admis une femme qui n'avait de femme que le sexe dont elle était pourvue. Une espèce d'extra-terrestre, probablement une sans-bris, que l'on avait été ramasser à la petite cuillère dans un quartier malfamé de la ville: balade en ambulance au frais de la princesse, il va s'en dire.
Étant donné l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait, on pouvait présumer sans trop de risques de se tromper, qu'elle fut une redoutable consommatrice de dérivés éthyliques. La créature répandait cette odeur particulière attribuée à toutes personnes malpropres, quelque chose située à mi-chemin entre le relent musqué de glandes hyperactives et la putréfaction d'un animal écrasé sur le bord de la route. La chose était vêtue de haillons qui auraient eu grands besoins d'être plongés dans l'eau de Javel. Bref, elle possédait toutes les caractéristiques que l'on s'attend à trouver chez une loque humaine. Une femelle sans nom, sans domicile fixe, avec le QI d'un enfant de six ans: une primate échappée d'un zoo urbain, dont personne ne s'inquiète du sort.
On lui prodigue les premiers soins et on l'installe bien gentiment sur un fauteuil roulant. Une infirmière bien intentionnée décide que la pauvre femme doit se sentir bien à l'étroit dans ses petits souliers défraîchis. Constat qui l'amène à s'approcher, se pencher et desserrer les lacets, histoire de soulager la femme.
Erreur!
S'ensuit une engueulade à sens unique destinée à décharger sa colère sur le dos de l'infirmière stupide, qui aurait mieux fait de s'occuper de ses oignons, alors même qu'elle glisse la main dans son pantalon.
Et c'est là que ça devient tordu, "weerdo". Une sorte de "twilight zone" pour amateurs de situations grotesques.
Avant que qui que ce soit puisse réagir, la v'la t'y pas en train de se tripoter l'entre-jambe à pleine main, et en ressortir une pleine poignée de fluides mentruels, avec lesquelles elle se met à joyeusement bénir l'assistance, tout en veillant à porter une attention particulière à l'infirmière. Inutile de dire que celle-ci en a eue pour son argent. Dans le temps de le dire, elle a la figure engluée de dégueulasseries. Et la folle qui remet ça. Et d'une autre tournée générale: les employés de l'hôpital en folie n'ont-ils pas mérité un bon rafraîchissement par cette journée d'étuve? Elle prend vraiment son pied, aucun doute là-dessus.
Le temps que tout le monde reprenne son calme, le mal était déjà fait.
Je parie un huard qu'à partir de cet instant précis, l'infirmière en question aura perdu suffisamment d'illusions dans la nature humaine pour que, la prochaine fois que quelqu'un en fasse la demande, il y a de fortes chances qu'elle y pense à deux fois avant de se montrer aimable. Comme quoi il est bien ténu le fil qui supporte nos humeurs.
Voilà. Comme le dirait Forrest Gump " c'est tout ce que j'ai à dire là dessus ".
À bien y penser, et ce malgré le soleil de plomb qui... ah, puis fuck, je rentre en dedans, fait trop chaud... je vais quand même faire une incursion dans ce monde insolite et déjanté, le temps de vous raconter une bien triste histoire. Âmes sensibles s'abstenir.
Alors qu'il était de service comme gardien de sécurité dans un grand hôpital montréalais, un homme fut témoin d'une scène pour le moins surréaliste, dont il s'empressa de me livrer le compte rendu dans ses moindres détails. On y avait admis une femme qui n'avait de femme que le sexe dont elle était pourvue. Une espèce d'extra-terrestre, probablement une sans-bris, que l'on avait été ramasser à la petite cuillère dans un quartier malfamé de la ville: balade en ambulance au frais de la princesse, il va s'en dire.
Étant donné l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait, on pouvait présumer sans trop de risques de se tromper, qu'elle fut une redoutable consommatrice de dérivés éthyliques. La créature répandait cette odeur particulière attribuée à toutes personnes malpropres, quelque chose située à mi-chemin entre le relent musqué de glandes hyperactives et la putréfaction d'un animal écrasé sur le bord de la route. La chose était vêtue de haillons qui auraient eu grands besoins d'être plongés dans l'eau de Javel. Bref, elle possédait toutes les caractéristiques que l'on s'attend à trouver chez une loque humaine. Une femelle sans nom, sans domicile fixe, avec le QI d'un enfant de six ans: une primate échappée d'un zoo urbain, dont personne ne s'inquiète du sort.
On lui prodigue les premiers soins et on l'installe bien gentiment sur un fauteuil roulant. Une infirmière bien intentionnée décide que la pauvre femme doit se sentir bien à l'étroit dans ses petits souliers défraîchis. Constat qui l'amène à s'approcher, se pencher et desserrer les lacets, histoire de soulager la femme.
Erreur!
S'ensuit une engueulade à sens unique destinée à décharger sa colère sur le dos de l'infirmière stupide, qui aurait mieux fait de s'occuper de ses oignons, alors même qu'elle glisse la main dans son pantalon.
Et c'est là que ça devient tordu, "weerdo". Une sorte de "twilight zone" pour amateurs de situations grotesques.
Avant que qui que ce soit puisse réagir, la v'la t'y pas en train de se tripoter l'entre-jambe à pleine main, et en ressortir une pleine poignée de fluides mentruels, avec lesquelles elle se met à joyeusement bénir l'assistance, tout en veillant à porter une attention particulière à l'infirmière. Inutile de dire que celle-ci en a eue pour son argent. Dans le temps de le dire, elle a la figure engluée de dégueulasseries. Et la folle qui remet ça. Et d'une autre tournée générale: les employés de l'hôpital en folie n'ont-ils pas mérité un bon rafraîchissement par cette journée d'étuve? Elle prend vraiment son pied, aucun doute là-dessus.
Le temps que tout le monde reprenne son calme, le mal était déjà fait.
Je parie un huard qu'à partir de cet instant précis, l'infirmière en question aura perdu suffisamment d'illusions dans la nature humaine pour que, la prochaine fois que quelqu'un en fasse la demande, il y a de fortes chances qu'elle y pense à deux fois avant de se montrer aimable. Comme quoi il est bien ténu le fil qui supporte nos humeurs.
Voilà. Comme le dirait Forrest Gump " c'est tout ce que j'ai à dire là dessus ".


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