Réflexions de Ladine

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur mes états d'âme du moment, et plus...

Ma photo
Nom :
Lieu : Vaudreuil-Soulange, Canada

vendredi, juillet 15, 2005

Manufacture de compost



La vie est un corbillard bringuebalant et poussif qui prend un certain temps à arriver à destination.

La mort. Il suffit de prononcer ce mot pour aussitôt ressentir un malaise immédiat. Une sorte de frisson dont la cause nous est totalement inconnue. Comme si quelqu’un, posté derrière nous, s’amusait à nous souffler dans le cou. S’amusait à nous triturer l’esprit à coups de révélations fatalistes, du genre : tes belles années sont derrière toi, bonhomme. J’espère que t’as su en profiter au max. C’est pas que je veuille faire ma mauvaise langue, mais s’il y a une chose que tu ne devrais pas perdre de vue, c’est l’imminence de la Grande Visite.
Et pourtant…
Oui, pourtant nous devons tous y passer un jour ou l’autre. Nous devons tous éventuellement nous allonger dans une caisse en bois, que l’on portera en terre, dans notre dernière demeure, seul : choix du président pour asticots affamés. Coincé dans l’ultime bière, qui ne se déguste malheureusement pas, celle-là.
J’essais de m’encourager en me disant que personne n’y échappe. Que s’il y a une justice en ce bas monde, c’est que tout le monde y passe. Qu’il n’existe pire épreuve que de survivre à un être cher. Mais rien n’y fait. Je ne me fais pas à l’idée, un point c’est tout.
Je n’ai qu’à circuler devant un cimetière pour que le vague à l’âme s’empare de moi.
Tous ces morts. Ces pères et mères de famille. Ces oncles et tantes. Grands-pères, grands-mères. Tous ces enfants… Mon Dieu! tous ces enfants... qui n’auront fait qu’une brève apparition sur terre. Une visite écourtée par la maladie ou un bête accident.
Tous ces êtres endeuillés, tout de noirs vêtus. Tous ces épanchements de larmes destinées à évacuer une douleur insupportable. Toute cette terre remuée. Cette terre consacrée. Consacrée par qui? Pour quoi? L’élévation de l’âme? Qui sait.

Nauséeux, je jette un coup d’œil en biais. Qu’y a-t-il à voir, si ce n’est la désolation des lieux? L’insolence de ces pierres tombales qui s’étendent à perte de vue. Ces épitaphes incrustées dans le granit. Ces mausolées érigés à la mémoire d’un illustre personnage. Ces cryptes enténébrées renfermant les restes de quelques dignitaires de l’Église.

Dépendamment de nos croyances, on va soit aboutir au paradis, soit se fondre dans le néant pour les siècles à venir.
Une préférence, mes agneaux?
Si vous voulez mon avis, que l’on choisisse l’une ou l’autre de ces options, on est baisé sur toute la ligne. Je me vois mal me transformer en particule subatomique et errer de-ci, de-là dans l’immensité du cosmos pour l’éternité, ainsi que de jouer de la harpe sur un beau gros nuage blanc sous la supervision de saint-Pierre.
Si l’on fait fi de ces deux possibilités, que nous reste-t-il, alors?
J’en sais foutre rien.

J’exècre la mort.

Qu’avait-il affaire à venir s’écraser la gueule dans ma porte patio, ce foutu volatile, de toute manière?

5 Comments:

Anonymous robin said...

Il n'y a d'amour pour la mort que pour l'affranchi de lui-même.

1:32 PM  
Anonymous Roger Gregor said...

Belle idée après un texte sur une chose aussi grave, sur un ton aussi grave, que de finir avec de l'humour sur une chose aussi triviale qu'un moustique.
Robin : Belle pensée que voilà.

6:53 PM  
Blogger Catherine said...

foutu volatile = un moustique...

ahah! C'est toi Roger qui fait dans l'humour!

9:21 AM  
Anonymous Roger Gregor said...

Bah... c'est ce qu'on appelle de la « lecture productive ».

9:43 AM  
Anonymous Roger Gregor said...

Ho wow. Je viens de distinguer sur ce qu'il y avait sur la photo. OK OK, je n'ai rien dit.

9:48 AM  

Enregistrer un commentaire

<< Home